Un sublime moderne : l'éloquence de Saint-Just à la Convention nationale (1792-1794)

Type de thèse
Date de soutenance 
13 Décembre 2013
Jury 

Président  : M. Pierre FRANTZ

Membres  :
M. Herve LEUWERS (Université Lille III)
M. Martin RUEFF

Sous la direction de 

M. Jean DAGEN

Doctorants
QUENNEDY
Résumé 

Cette thèse examine les discours et rapports que Saint-Just a prononcés à la Convention nationale en recourant à la catégorie de sublime, dans l’acception purement littéraire qui procède du traité du Pseudo- Longin, le Peri Hupsous. La première partie étudie l’ouvrage du Pseudo-Longin et accorde une attention particulière aux développements de ce livre portant sur l’éloquence de Démosthène et de Cicéron et sur les passages de l’Iliade comportant des enjeux oratoires. Elle confronte ses leçons à celles des théoriciens de l’éloquence et du style oratoire de l’Antiquité (principalement Cicéron, Quintilien et Denys d’Halicarnasse). Le sublime ainsi conçu n’est pas l’instauration d’un rapport avec une réalité transcendance, mais l’effet intellectuel et affectif suscité par des oeuvres littéraires exceptionnelles. La deuxième partie est consacrée à la brève carrière de Saint-Just comme orateur politique, l’évolution de son éloquence étant étroitement liée à des changements de position oratoire, selon qu’il parle au nom du Comité de salut public ou comme député, en son propre nom. La théorie et la pratique de Saint-Just ont non seulement été envisagées à la lumière de l’idée de l’éloquence qu’expose le Peri Hupsous et en tenant compte des inflexions apportées au sublime par les traités oratoires du XVIIIe siècle, mais aussi comparées aux descriptions et aux analyses de son éloquence proposées par ses contemporains et par les historiens et écrivains romantiques. En réinscrivant l’éloquence de Saint-Just dans une conception sublime de l’art oratoire, ont pu être réfutés un certain nombre de préjugés hérités du XIXe siècle et dressé un portrait neuf de Saint-Just orateur.La troisième partie propose une édition diplomatique des discours du Conventionnel. Pour établir leur texte, les comptes rendus des journaux révolutionnaires ont été dépouillés et confrontés aux versions parues en brochures. Cette partie donne aussi à lire des transcriptions nouvelles, plus exactes, de ses manuscrits de discours, en particulier du Projet d’institutions. Les annexes contiennent entre autres une iconographie sur l’éloquence révolutionnaire et ses conditions matérielles, un ensemble de lettres et d’arrêtés inédits de Saint-Just, le catalogue détaillé de sa bibliothèque et un court essai testant la fertilité du sublime longinien pour rendre compte d’une œuvre contemporaine. A Modern Sublime : Speeches of Saint- Just Pronounced in the National Convention of France (1792-1794.)

Directeur de thèse 
DAGEN