Les Aventuriers du XVIIIe siècle au prisme de l'Histoire de ma vie, de Giacomo Casanova. Contribution à une histoire de l'aventure.

16e - 18e

Philosophies des Lumières

Date de soutenance 
20 Octobre 2013
Jury 

M. Jacques BERCHTOLD (Université Paris-Sorbonne, CELLF 17e-18e),

M. Michel DELON (Université Paris-Sorbonne, CELLF 17e-18e),

M. LAHOUATI (Université de Pau),

M. SERMAI (Université Paris 3)

 

Sous la direction de 

Jacques BERCHTOLD

Doctorants
SIMIAND
Résumé 

L’Histoire de ma vie constitue une plate-forme privilégiée pour examiner la figure de l’aventurier du XVIIIe siècle : non seulement Casanova est la meilleure approximation de cet idéal-type, mais il décrit longuement ses rapports avec ses pairs et le milieu qu’ils forment. L’art de la représentation, au coeur du mode d’existence de l’aventurier, se trouve comme porté au second degré par l’entreprise mémorialiste. Pour mesurer l’originalité de l’aventurier du XVIIIe siècle vis-à-vis de figures comparables antérieures, un détour généalogique s’impose. Le mot et l’idée d’aventure apparaissent dans la littérature médiévale tardive, avec trois axes sémantiques principaux (l’aventure marchande, l’aventure chevaleresque, un peu plus tard l’aventure amoureuse). Bientôt, l’aventurier paraît : défini par son affinité pour le risque ou son opportunisme, il prend, selon les époques, divers visages, du chevalier errant au chevalier d’industrie. Chaque fois qu’émerge un espace vide de pouvoir, une nouvelle figure d’aventurier surgit dans les représentations pour le remplir. Les aventuriers du XVIIIe siècle sont de ce point de vue engendrés par les fissures des sociétés d’ordre ; ils tirent parti des innovations de leur siècle (déplacements facilités ; finance, qui emploie les mêmes mathématiques probabilistes que le jeu). Les aventuriers incarnent un type de rapport au risque ambigu, entre quantification et tentation de mettre son destin à l’épreuve, en une ordalie moderne qui fonderait leur autorité spécifique. L’autonomie qu’ils incarnent et mettent en scène trouve un paroxysme chez Casanova avec la formulation d’une pensée de l’existence au caractère asystémique revendiqué.

Directeur de thèse 
BERCHTOLD