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du cnrs et

de l¯universitê

paris-sorbonne

 

Cahier V.L. Saulnier 34, "Iles et insulaires (XVIe-XVIIIe siècles)"

2017
Edition 

PUPS, 400 pages

Depuis l’Antiquité, les îles ont été abondamment décrites et cartographiées. Au xve siècle, grâce au Liber Insularum Arcipelagi de Christophe Buondelmonti, les îles de l’archipel grec deviennent le modèle que l’on retrouve plus tard chez François Rabelais, et deux siècles après encore chez Jonathan Swift. À partir de cet ouvrage, maintes fois recopié, varié, glosé, se développe un genre, l’Isolario, ou « Insulaire », c’est-à-dire la collection d’îles, ou l’atlas d’îles, dont les exemples se multiplient jusqu’au xviiie siècle, tantôt manuscrits et tantôt imprimés, en Italie d’abord, puis dans tous les pays d’Europe, de l’Espagne à la Hollande.

L’un des Insulaires les plus connus est celui du cosmographe André Thevet, élaboré vers 1586 et demeuré inachevé, riche de quelque trois cents cartes d’îles et étendu à toutes les mers du globe. Parallèlement, l’attention continue de se porter sur Lucien de Samosate dont l’Histoire vraie n’en finit pas d’être relue, pour alimenter les voyages de Pantagruel, puis ceux de Gulliver.

Ces études sur l’Insulaire, autrement dit les divers avatars d’un archipel universel en constante expansion, esquissent une réflexion sur la diversité non seulement des formes du savoir géographique, mais plus généralement des formes littéraires, histoire, encyclopédies, dictionnaires, récits de voyage, fictions viatiques ou poésie.